Les membres Monarchistes

N’oublions pas les royalistes, les premiers résistants !

A la Libération, les gaullistes et les communistes, avec les Francs-tireurs et partisans (FTP), tentèrent de s’accaparer l’exclusivité de la Résistance. C’était oublier un peu vite que c’est à l’autre extrême de l’échiquier politique, à l’initiative de militants royalistes, que se créèrent les tout premiers mouvements de résistance de la France Libre! Ce phénomène a souvent été occulté par l’histoire officielle jusqu’au livre de François-Marin Fleutot en 2000 Des royalistes dans la Résistance

. On y découvre notamment l’engagement royaliste de Daniel Cordier, ancien Camelot du roi, entré dans la Résistance dès juin 1940, puis secrétaire de Jean Moulin, auquel il consacrera une biographie en plusieurs volumes pour défendre la mémoire de son ancien patron.

Dans cet ouvrage sur la résistance royaliste, l’auteur convoque solennellement la mémoire des monarchistes qui payèrent de leur vie leur engagement dans la Résistance : Honoré d’Estienne d’Orves, descendant du général vendéen Charles d’Autichamp, fusillé à la prison du Cherche-Midi, Jacques Renouvin, chef des groupes francs de Combat, mort à Mauthausen, Raymond Toublanc, membre du réseau royaliste de l’Anjou, longuement torturé par la Gestapo à Angers, avant de mourir en déportation…

Dans les Maquis de la Résistance, on croise encore Jacques Perret, cœur chouan sur la poitrine, qui racontera plus tard dans son livre pourquoi il fit Bande à part. Le colonel Romans-Petit, chef des maquis de l’Ain, puis chef départemental de l’Armée secrète s’y trouve aussi, tandis que d’autres royalistes dirigèrent des unités du Maquis dans le Tarn, en Bourgogne, dans le Jura, en Bigorre… Les visages plus familiers du colonel Rémy ou du général de Bénouville, né d’un père normand et d’une mère alsacienne, se dessinent. Sans oublier, car moins connue, la tradition monarchique de deux maréchaux de la France Libre, le « roi » Jean, de Lattre de Tassigny et Leclerc, de son vrai nom Philippe de Hauteclocque, dans la famille duquel le drapeau blanc était de rigueur.

Mais parmi les nombreux royalistes engagés dans la Résistance dès la première heure, il y eut aussi les sans-grades, d’illustres inconnus, comme cet industriel de la vallée de Thann en Alsace. Membre de l’Action Française et de la Cagoule, l’Alsacien Paul Dungler sera à l’origine, dès l’annexion par les Nazis de l’Alsace-Moselle, de la 7e colonne d’Alsace enregistrée à Londres sous le nom de Réseau Martial. Il jouera un rôle essentiel dans la réussite de l’évasion du général Giraud fait prisonnier par les troupes allemandes le 19 mai 1940 et interné à la forteresse de Königstein près de Dresde. Le réseau royaliste Martial interviendra notamment pour faciliter son passage par la Suisse puis en zone Sud.

A l’autre extrémité de la France, le breton Luc Robet, issu d’une famille profondément catholique et royaliste, demandera aux Camelots du Roi et Ligueurs de Bretagne de se joindre à la Résistance. Membre actif des réseaux Hector, Alliance et de l’Organisation de Résistance de l’Armée, le Camelot Luc Robet sera arrêté par la Gestapo le 19 janvier 1944 à Rennes, torturé au cours de 17 interrogatoires, déporté au camp de Neuengamme en 1944. Ce fut en quelque sorte la Blanche Hermine contre la croix gammée.

La paix revenue, on taira ou minimisera souvent l’engagement de ces monarchistes dans la Résistance et, à quelques rares exceptions près, leurs noms ne figurent guère dans les manuels d’Histoire. A la Libération, la résistance communiste étoffera ses rangs et règlera quelques comptes, en réécrivant l’Histoire ! Il n’est pas inutile de rappeler ici que ce fut la Chambre du Front populaire qui vota les pleins pouvoirs au régime de Vichy, alors ue les résistants royalistes, injustement oubliés, n’ont pas attendu l’invasion de l’Union Soviétique par l’Allemagne pour entrer en lutte contre l’occupant…

Journaliste


Ancien grand reporter à France 3 Alsace, il passe son temps entre l’Alsace et la Grèce.

source : http://www.bvoltaire.fr/josemeidinger/noublions-pas-les-royalistes-les-premiers-resistants,90470

Luc Robet

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Dès sa démobilisation en novembre 1940, il devient membre du réseau Hector, du colonel Alfred Heurtaux. Il demande aux Camelots et ligueurs d'Action française de Bretagne de se joindre au mouvement résistant. Ceux-ci joueront un rôle déterminant dans les opérations de résistance et en particulier pour cacher des armes et des personnes recherchées.

Après Hector, on le retrouve au sein du réseau Eleuthère dans le cadre de Libération-Nord. Sa maîtrise de l'anglais facilite ses contacts avec les services secrets britanniques dont il est enregistré comme officier.

Puis, il devient chef départemental du Organisation de résistance de l'armée dans le Finistère. Adjoint de Guy Faucheux, chef régional de Turma-Vengeance en Bretagne, il est aussi membre du réseau Alliance. Un regroupement des réseaux non communistes s'opèrent alors localement. Il agit sous les noms de Fanch le Gavre et Fanch Kergoat pour les opérations qu'il mène. C'est au cours d'une de ses opérations qu'il est arrêté pour la seconde fois le 20 janvier 1944 à Rennes avec André de Freslon. Torturé à la prison Jacques-Cartier, il est déporté le 29 mai 1944 de Compiègne au camp de Neuengamme sous le matricule 30383. Il y adopte le pseudonyme de Tristan. Plus tard, il sera déporté à Fallersleben-Laagberg. Secret sur cette période de dénuement total et de souffrance quotidienne, il dira cependant plus tard qu'il a fait en camp de concentration l'expérience mystique de la liberté intérieure. La volonté de ne pas céder face à l'ennemi, son désir de reprendre le combat et de retrouver sa famille l'aide à "grignoter" chaque jour. Il récite alors quotidiennement la prière de madame Elisabeth, sœur du Roi Louis XVI: "Que m’arrivera-t-il aujourd’hui, ô mon Dieu ? Je n’en sais rien. Tout ce que je sais, c’est qu’il ne m’arrivera rien que vous n’ayez prévu, réglé et ordonné de toute éternité."

Libéré le 2 mai 1945 à Wöbbelin, il rentre à Douarnenez en juillet 1945 après un passage au célèbre hôtel Lutetia, centre d'accueil des déportés, et à l'hôpital de La Salpêtrière où les médecins lui donnent peu de chances de survie. Revenu atteint physiquement, il garde cependant son énergie, sa foi et sa fidélité à l'Action française.