Le Bastard de Villeneuve Yves

 

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Secteur "Chapelle"

Né le 1er août 1920 à Arsague (Landes), fusillé le 21 août 1944 après condamnation à mort, à Heilbronn (Bade-Wurtemberg, Allemagne) ; étudiant et militaire ; résistant du réseau SR Alliance.

Yves Le Bastard de Villeneuve alias "Sapajou" ou "S.19" était le fils d’un avocat de Pau et le frère d’Alain de Villeneuve. Il fit des études secondaires puis supérieures en économie. Il s’engagea en janvier 1941 dans un bataillon de chasseurs alpins d’où il fut démobilisé en novembre 1942, lors de la dissolution de l’armée française. Il fit ensuite des études de droit. Comme son frère Alain, il fut persuadé en mai 1943 par un ami, Lucien Poulard*, d’entrer au réseau de renseignements militaires "Alliance". Avec son frère Alain, il reçut une formation à Paris. Il retourna en Bretagne et sous le pseudonyme "Sapajou", il fut chargé de transporter des courriers puis Lucien Poulard lui confia la mission de dresser un état des lieux des forces allemandes stationnées à Quimperlé (Finistère) et plus particulièrement des unités parachutistes. Après le départ de Poulard à Paris, Yves de Villeneuve travailla avec son successeur Pierre Le Tullier et prit le nom de code "S 19".
En juin 1943, il recruta Yves Rigoine de Fougerolles afin de trouver des agents pour le secteur d’Auray et en juillet, il se rendit à Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord) et entra en contact avec un ingénieur des Ponts et Chaussées qui lui remit un plan détaillé du secteur côtier et des systèmes de défense. Il dressa ensuite l’état des troupes stationnées dans la région de Redon (Ille-et-Vilaine).
Il fut arrêté le 30 septembre 1943, à Rennes, ainsi que Pierre Le Tullier*, et la femme de ce dernier, Henriette Maitrejean et déporté vers l’Allemagne le 16 décembre 1943 au départ du camp de Compiègne, puis interné aux prisons de Kehl-am-Rhein. Le 28 février 1944, la Gestapo de Strasbourg transmit le dossier d’accusation d’espionnage concernant également Lucien Poulard*, Marc Bernard* et Philippe Lefèbvre*, au Tribunal de guerre du Reich qui y apposa les tampons « secret » et « affaire concernant des détenus ». Yves de Villeneuve fut transféré à la prison de Freiburg-im-Breisgau (Bade-Wurtemberg) et jugé les 20 et 21 juin 1944 par le 3e Senat (chambre) du Tribunal de guerre, présidé par le juge Karl Schmauser et condamné à mort. Le jugement ayant été confirmé à Torgau le 10 juillet 1944, par l’amiral Max Bastian, président du Tribunal, il fut conduit à la prison de Schwäbisch Hall (Bade-Wurtemberg), où il apprit que son recours en grâce avait été rejeté le 17 juillet, par le Führer Adolf Hitler.
Yves de Villeneuve, son frère Alain et 22 autres codétenus furent conduits le 21 août à l’aube à la caserne Schlieffen, à Heilbronn (Bade-Wurtemberg). Ils furent fusillés par groupes de huit au champ de tir d’Heilbronn après avoir reçu l’assistance d’un prêtre, mais en refusant d’avoir les yeux bandés. Ils moururent courageusement en criant "Vive la France". Ils furent inhumés dans le cimetière de Sonthein-Neckar. Le dernier vœu des 24 condamnés « d’être enterrés en France » fut exaucé par le réseau "Alliance" qui fit rapatrier les corps en juin 1947, à Strasbourg. Il fut inhumé à la nécropole nationale de Strasbourg-Kronenbourg (Bas-Rhin).
Il obtint la mention "Mort en déportation" par arrêté du 9 décembre 1993.

SOURCES : maitron-fusilles-40-44.univ-paris1.fr/-Auguste Gerhards Tribunal de guerre du 3e Reich, archives historiques de l’armée tchèque, à Prague, éd. du Cherche-Midi, Paris 2014 — Mémorial de l’Alliance, 1948 — Mémorial Genweb.

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