Roger Speybrock

 

Secteur « Stade »

Né le 23 août 1920 à Tourcoing (Nord), fusillé le 19 janvier 1944 au fort de Bondues (Nord) ; étudiant en médecine ; résistant, membre du réseau Alliance.

Étudiant en médecine, Roger Speybrock alias « Chouette » ou « T.30 » vivait à Tourcoing. Il était le fils d’un mutilé de la Grande Guerre titulaire de la Croix de guerre et de la Médaille militaire.
Sous l’Occupation, il s’équipa, chez lui, d’un poste émetteur et aida les tentatives d’évasion en fournissant aux prisonniers des papiers et des vêtements, dans le cadre des activités du réseau Sylvestre-Farmer. Il entra, en novembre 1942, au réseau Alliance. Fort de ses connaissances linguistiques – il parlait couramment l’anglais et l’allemand –, il obtint des renseignements précieux sur les mouvements des troupes d’occupation, les champs d’aviation et les diverses constructions spéciales érigées par les nazis dans ce secteur, qu’il put transmettre aux forces alliées. Il devint rapidement agent P2 et prit le pseudonyme de « Chouette ».
Le 5 ou le 6 décembre 1943, selon les sources, il fut arrêté dans une souricière montée par la Geheimfeldpolizei (GPF), la police militaire allemande, sur ordre de l’Abwehr, le service de contre-espionnage de Lille. Il fut incarcéré à la prison de Loos-lès-Lille et, comme son affaire intéressait l’Abwehr d’Arras (Pas-de-Calais), il fut remis à la compétence de ce tout nouvel appareil répressif envoyé en France pour assurer la protection des constructions spéciales destinées aux armes secrètes de Hilter. Autrement appelé « l’ange gardien des V1 », cet organisme, composé d’un service de contre-espionnage propre et d’une police militaire spécifique, disposait, enfin, d’un tribunal spécial, le Sondergericht du 65e corps d’armée allemand.
Le 19 janvier 1944, Roger Speybrock comparut devant cette cour martiale secrète alors réunie boulevard de la Liberté à Lille. Condamné à mort, il fut aussitôt exécuté dans les fossés du fort de Bondues.
Déclaré « Mort pour la France », il reçut la Croix de guerre avec étoile d’argent. Une rue de Tourcoing a été baptisée en son honneur. Son nom figure sur le monument aux morts de Tourcoing, où il repose désormais, ainsi que sur le monument commémoratif du ministère des Finances, à Paris, et sur les monuments commémoratifs de Lille et Bondues.

SOURCES : http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/-DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – Musée de la Résistance de Bondues, Ils étaient 68, op. cit. – G. Krivopissko, La vie à en mourir, op. cit. – Laurent Thiery, La Répression allemande dans le Nord de la France (1940-1944), Lille, Presses du Septentrion, 2013, p. 239-256. – Fonds « Michel Rousseau » (La Coupole). – Mémorial GenWeb. – État civil.

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