Pierre Deliry

 

Secteur « Forteresse »

Né le 3 juin 1894 à Tournus (Saône-et-Loire), fusillé le 21 août 1944 à Heilbronn (Bade-Wurtemberg, Allemagne) ; directeur commercial ; résistant du réseau SR Alliance.

Pierre Deliry alias « Tamsas » ou « K.18 » était le fils de Henri, maître d’hôtel, âgé de 31 ans et de Eugénie Amélie Tartelin, domiciliés à Paris XIIe art. Il se maria le 8 août 1918 à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) avec Henriette Guillemin et eut six enfants.
Après des études secondaires, il passa un an à Kaiserslautern (Rheinland-Pfalz, Allemagne) comme correspondant d’un écolier allemand. Il travailla dans une banque de Hambourg (Allemagne) puis rentra en France en juillet 1914. Il fut mobilisé en septembre dans un régiment d’infanterie et participa à la bataille de Verdun au fort de Vaux (Meuse). Il fut nommé lieutenant et interprète à l’état-major de la division. En 1919, il participa à l’occupation de la Rhénanie comme chef du personnel et s’installa à Coblence jusqu’en 1925.
Ayant reprit des études pendant cette période, il obtint une licence en droit à Strasbourg et en 1925, il fut embauché dans une entreprise de charbon en gros, dans laquelle il devint directeur commercial, en 1928. Cette même année, il obtint des certificats de littérature anglaise et allemande à l’université de Nancy. Appelé à nouveau sous les drapeaux en 1939, il fut rapidement démobilisé en tant que père de famille nombreuse et capitaine de réserve.
Dès leur création, il adhéra aux Croix-de-Feu du colonel de La Rocque et en devint chef pour le département de Saône-et-Loire. Avec ses relations professionnelles, il fit connaissance de l’ingénieur Mengel qui était membre du réseau de renseignements militaires Alliance sur la région d’Autun (Saône-et-Loire). Il entra ainsi dans l’organisation en mars 1943, comme agent principal de renseignements de la région Est "Forteresse", sur le secteur d’Autun avec le pseudonyme "Tamsas". Il recueillit des renseignements d’ordre militaire et économique de grande valeur et rédigea de nombreux rapports, notamment sur la construction de vedettes rapides à Chalon et leur acheminement vers la Méditerranée, pouvant compromettre le plan allié de débarquement en Méditerranée.
Il fut malheureusement arrêté à Autun le 22 septembre 1943 et déporté 16 décembre 1943 vers l’Allemagne au départ du camp de Compiègne. Il fut interné aux prisons de Kehl-am-Rhein puis Fribourg-im-Breisgau (Bade-Wurtemberg). Le dossier comportant l’accusation d’espionnage au profit d’une puissance ennemie et daté du 15 février 1944 fut transmis par la Gestapo de Strasbourg au Tribunal de guerre du Reich. La qualification "NN" (Nacht und Nebel-Nuit et brouillard) lui fut attribuée. Pierre Deliry fut jugé le 22 juin 1944 par le 3e Senat du Tribunal de guerre présidé par le juge Karl Schmauser et condamné à mort pour espionnage. Après le jugement il fut incarcéré à la prison de Schwäbisch Hall (Bade-Wurtemberg). Le jugement fut confirmé le 4 juillet par l’amiral Max Bastian, président du Tribunal de guerre et la grâce fut refusée le 17 juillet par le Führer Adolf Hitler.
Pierre Deliry et 23 autres codétenus furent conduits le 21 août à l’aube, à la caserne Schlieffen, à Heilbronn (Bade-Wurtemberg). Ils furent fusillés par groupes de huit au champ de tir d’Heilbronn, après avoir reçu l’assistance d’un prêtre, mais en refusant d’avoir les yeux bandés. Ils moururent courageusement en criant "Vive la France". Ils furent inhumés dans le cimetière de Sontheim-Neckar, près de Heilbronn, et le dernier vœu des 24 condamnés étant « d’être enterrés en France » fut exaucé par le réseau "Alliance" qui rapatriera les corps en juin 1947, à Strasbourg. Il fut inhumé à la nécropole nationale de Strasbourg-Cronenbourg (Bas-Rhin).
Il fut décoré de la Croix de guerre 1914-1918 en 1916 et de la croix de chevalier de la Légion d’honneur en 1923.
Il obtint la mention "Mort en déportation" par arrêté du 6 février 2008.
Son nom figure sur le monuments aux morts de Chalon-sur-Saône et une rue de Chalon-sur-Saône porte également son nom.

SOURCES : http://maitron-fusilles-40-44.univ-paris1.fr/-Auguste Gerhards "Tribunal du 3e Reich", archives historiques de l’armée tchèque, à Prague, Le Cherche Midi, Paris 2014. — "Livre Mémorial des Déportés de France" de la F.M.D. tome 1. — Mémorial de l’Alliance, 1948. — Mémorial Genweb. — État civil.

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau