Philippe Lefebvre

 

Secteur « Grand Hotel » puis « Chapelle »

Né le 15 avril 1917 à Paris (VIIIe arr.), fusillé le 21 août 1944 à Heilbronn (Bade-Wurtemberg, Allemagne) ; officier de carrière ; résistant du réseau SR Alliance.

Philippe Lefebvre alias « Lieutenant Robert » était le fils de Raoul, industriel, âgé de 68 ans et de Marcelle Marie Prévost, âgée de 32 ans. Il se maria le 25 septembre 1942 à Paris 8e arrondissement avec Bernadette Marie Louise Henriette Crèmery.
Il fut élève à l’école Stanislas à Paris, de 1935 à 1939 puis entra à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, d’où il sortit sous-lieutenant dans la 126e promotion "Amitié franco-britannique (1939-1940)". Il ne participa pas aux combats et après la signature de l’armistice il fut muté à l’École de guerre, à Aix-en-Provence. Il en sortit lieutenant et resta dans l’armée jusqu’à sa dissolution en décembre 1942 puis revint à Paris où il fut employé dans une banque.
En mai 1943 il fut contacté par le capitaine Philippe Koenigswerther* qui lui proposa de servir d’intermédiaire pour son courrier qui serait adressé à la banque. Ce n’est qu’en septembre qu’il apprit de Koenigswerther qu’il travaillait en fait comme agent de liaison pour la région Bretagne du réseau Alliance. Il devint le "Lieutenant Robert" mais fut arrêté peu après le 25 septembre 1943 et incarcéré à la prison de Fresnes (Seine, Val-de-Marne). Il fut déporté le 16 décembre 1943 au départ du camp de Compiègne à destination de l’Allemagne et incarcéré aux prisons de Kehl-am-Rhein et Freiburg-im-Breisgau (Bade-Wurtemberg).
Le dossier d’accusation d’espionnage en date du 28 février 1944 qui concernait outre Philippe Lefebvre, Alain Le Bastard de Villeneuve*, Marc Bernard* et Lucien Poulard* fut transmis par la Gestapo de Strasbourg au Tribunal de guerre du Reich avec les cachets « secret » et « affaire concernant des détenus ». Il fut jugé le 6 juin 1944 par le 3e Senat ou Chambre du Tribunal de guerre, présidé par le juge Karl Schmauser et condamné à mort pour espionnage au profit d’une puissance ennemie.
Le jugement fut confirmé à Torgau le 26 juin par l’amiral Max Bastian, président du Tribunal et Philippe Lefebvre fut transféré le 27 juin à la prison de Schwäbisch Hall où il apprit le 17 juillet le rejet par la Führer Adolf Hitler de son recours en grâce.
Le 18 août, le directeur de la prison fit le tour des cellules pour prévenir les détenus qu’ils allaient être transférés dans la nuit du 20 au 21 août et que leurs affaires personnelles devaient rester sur place. Ils durent remplir une étiquette indiquant leur adresse en France pour les y envoyer. Dès lors ils comprirent le sort qui les attendait.
Philippe Lefebvre et 23 autres codétenus furent conduits en camionnette par groupes de huit le 21 août à l’aube à la caserne Schlieffen, à Heilbronn (Bade-Wurtemberg). Ils furent fusillés au champ de tir d’Heilbronn après avoir reçu l’assistance d’un prêtre, mais en refusant d’avoir les yeux bandés. Ils moururent courageusement en criant "Vive la France". Ils furent inhumés dans le cimetière de Sonthein-Neckar et le dernier vœu des 24 condamnés étant « d’être enterrés en France » fut exaucé par le réseau "Alliance" qui rapatriera les corps en juin 1947, à Strasbourg. Il fut inhumé à la nécropole nationale de Strasbourg-Cronenbourg (Bas-Rhin).
Il fut homologué comme chargé de mission de 2e classe des FFC (forces françaises combattantes) à compter du 15 mars 1943.
Il obtint la croix de chevalier de la Légion d’honneur, la Croix de guerre 39-45 et la Médaille de la Résistance française à titre posthume.
Il obtint la mention "Mort pour la France" et la mention "Mort en déportation" par arrêté du 1er mars 1994.

SOURCES : http://maitron-fusilles-40-44.univ-paris1.fr/-Auguste Gerhards "Tribunal de guerre du 3e Reich", archives historiques de l’armée tchèque, à Prague, éd. du Cherche-Midi, Paris 2014. — "Livre Mémorial des Déportés de France" de la F.M.D. tome 1. — Mémorial de l’Alliance, 1948. — Mémorial Genweb. — État civil.

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