Paul Masson

 

Secteur « Chapelle »

Né le 14 janvier 1894 à Paris (Xe arr.) ; exécuté sommairement le 30 novembre 1944 à Pforzheim (Bade-Wurtemberg, Allemagne) ; employé de laboratoire ; résistant du réseau SR Alliance.

Paul Masson alias « M. Labo » était le fils de Bathilde Masson, domestique, âgée de 24 ans et de père inconnu. Il se maria le 2 février 1917 à Brest (Finistère), avec Marie Émilienne Prigent, employée de commerce.
Il fut soldat au 31e régiment d’artillerie en 1917. Préparateur au Laboratoire municipal, à Brest, il entra dans la Résistance au réseau de renseignements militaires Alliance en février 1941 comme agent de renseignements sur la région Bretagne "Chapelle". Il faisait la diffusion des journaux qu’il avait en dépôt à son domicile et confectionnait des faux papiers et fausses cartes d’identité pour les membres du mouvement de Résistance "Défense de la France" et les réfractaires au STO. Il fut arrêté à son domicile par la Gestapo, à Brest le 3 octobre 1943, incarcéré à la prison de Brest Pontaniou, à celle de Rennes le 5 octobre et transféré à la prison de Fresnes (Seine, Val-de-Marne), puis déporté le 2 janvier 1944 à destination de l’Allemagne, où il fut incarcéré le 25 janvier 1944 à la prison de Pforzheim (Bade-Wurtemberg), sous le n° d’écrou 560.. Le 2 mars 1944, un dossier concernant 12 inculpés dont Paul Masson, fut transmis par la Gestapo de Strasbourg, sous l’accusation d’espionnage au profit d’une puissance ennemie, au Tribunal de guerre du Reich, qui y apposa les tampons « Secret » et « affaire concernant des détenus » ainsi que la mention « NN » (Nacht und Nebel-Nuit et Brouillard). Les accusés furent remis sans jugement, à disposition de la Gestapo de Strasbourg, le 10 septembre 1944, ce qui équivalait à une condamnation à mort.
Devant l’avance des Alliés sur le Rhin le 30 novembre 1944, Paul Masson fut extrait de sa cellule ainsi que 17 autres hommes et 8 femmes appartenant comme lui au réseau Alliance. Après un simulacre de libération, ils furent tous conduits en camion à la forêt de Hagenschiess, à quelques kilomètres de Pforzheim et abattus d’une balle dans la nuque par les agents de la Gestapo de Strasbourg, Julius Gehrum, chef de l’AST, Reinhard Brunner, Howold, Buchner et Irion, puis jetés dans une fosse recouverte ensuite de terre et de branchages.
Leurs corps furent exhumés par les autorités françaises le 19 mai 1945 et mis par des civils allemands dans des cercueils devant lesquels la population de Pforzheim dut défiler au cours d’une émouvante cérémonie.
Il obtint la mention "Mort pour la France" transcrite sur son acte de naissance le 21 février 1947, le titre de "Déporté résistant" le 13 février 1952 et la mention "Mort en déportation" par arrêté du 26 février 2013, ainsi que la Médaille de la Résistance à titre posthume.
Son nom figure sur la stèle commémorative du réseau Alliance à Pforzheim (Allemagne).

SOURCES : http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr- Dossier DAVCC Caen — Auguste Gerhards Tribunal du 3e Reich, archives historiques de l’armée tchèque, à Prague, Le Cherche Midi, Paris 2014. — Livre Mémorial des Déportés de France de la F.M.D. tome 1. — Mémorial de l’Alliance, 1948.— Mémorial GenWeb.— État civil. SHD Vincennes

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