Martin Sabarots

 

Secteur « Hangar»

Né le 22 février 1894 à Guiche (Pyrénées-Atlantiques), exécuté sommairement le 30 novembre 1944 à Gaggenau (Bade-Wurtemberg, Allemagne) ; Constructeur de bateaux : résistant du réseau SR Alliance.

Martin Sabarots alias « Turbot » ou « N.2 » était constructeur de bateaux et devint agent de renseignements du réseau Alliance sur la région Sud-Ouest, secteur Bordeaux .
Il fut arrêté le 9 décembre 1943 et déporté de Compiègne le 27 janvier 1944 à destination de Buchenwald. Il fut transféré à Offenburg, au camp extérieur, Baubrigade 9, puis au camp de Gaggenau (Bade-Wurtemberg, Allemagne) avec le matricule 44868.
Le 3 mai 1944 le dossier d‘accusation d’espionnage au profit d’une puissance ennemie qui comprenait également les noms de Pierre Audevie, Charles Boileau, Maurice Duprat, Jean Durand, André Joriot, Pierre Koenigswerther et André Soussotte, fut transmis par la Gestapo de Strasbourg au Tribunal de guerre du Reich qui apposa les tampons « secret’ et « affaire concernant des détenus » ainsi que la mention « NN » (Nacht und Nebel-Nuit et Brouillard). Le 10 septembre 1944, sans avoir été jugé, Martin Sabarots fut remis à disposition du SD de Strasbourg ce qui équivalait à une condamnation à mort.
Devant l’avance alliée les allemands évacuèrent les camps et le 30 novembre au matin Martin Sabarots ainsi que ses huit compagnons d’infortune furent emmenés en camionnette pour une destination inconnue, selon la méthode utilisée par Julius Gehrum et ses comparses qui étaient ce jour là à Pforzheim. Quatre pelles significatives de ce qui allait arriver furent placées auprès des condamnés. Après la Libération, sur les indications d’un prêtre alsacien, l’abbé Hett, qui avait été leur camarade de détention, un charnier fut découvert dans la forêt d’Ottenau, près de Gaggenau (Bade-Wurtemberg, Allemagne). Martin Sabarots et ses huit camarades avaient été fusillés à cet endroit et jetés dans la fosse. Son corps fut rapatrié en France et identifié à Strasbourg le 10 juillet 1945.
Il obtint la mention "Mort en déportation" par arrêté du 3 novembre 1997.
Son nom figure sur la plaque commémorative du réseau Alliance à l’entrée de la base sous-marine de Bordeaux (Gironde), avec une citation de Marie-Madeleine Fourcade concernant les membres bordelais du réseau : "Leur sacrifice a permis de renseigner le Commandement Allié sur les mouvements des navires militaires allemands, sous-marins et torpilleurs arrivant et partant de l’Arsenal de Bordeaux. Bientôt, on ne saura plus ce qu’ils ont fait, ni pourquoi ils l’ont fait, même si c’était nécessaire de le faire, voire on les plaindra d’être morts pour rien. Je voudrais qu’on ne les oubliât pas et que l’on comprît surtout quelle était la divine flamme qui les animait... Madame Marie-Madeleine Fourcade (Hérisson)."
Il figure également sur la plaque commémorative de l’église Sainte-Marie de la Bastide, à Bordeaux (Gironde).

SOURCES : http://maitron-fusilles-40-44.univ-paris1.fr/-Auguste Gerhards "Tribunal du 3e Reich", archives historiques de l’armée tchèque, à Prague, Le Cherche Midi, Paris 2014. — Mémorial de l’Alliance, 1948.— Mémorial Genweb.

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