Marguerie Premel

 

Secteur « Chapelle »

Née le 5 mai 1906 à Brest (Finistère), exécutée sommairement le 30 novembre 1944 à Pforzheim (Bade-Wurtemberg) ; résistante du réseau SR Alliance.

Marguerite Premel était la fille de François Corre, gendarme à pied, âgé de 28 ans et de Marie Jeanne Ménez, âgée de 28 ans. Elle se maria le 7 août 1925 à Brest avec René Jean Premel.


Sans profession, elle entra dans la Résistance comme agent de liaison sur la région Bretagne "Chapelle" et le secteur de Brest du réseau Alliance.
Elle fut arrêtée le 27 septembre 1943 en même temps que son mari René et sa mère Marie Jeanne Le Bacquet et internée à la prison de Fresnes (Seine, Val-de-Marne) puis transférée sur ordre de la Gestapo de Strasbourg à la prison de Pforzheim, le 25 janvier 1944, où elle fut écrouée sous le n° 591. Son dossier ainsi que celui de onze autres codétenus fut transmis le 2 mars par la Gestapo de Strasbourg, au Tribunal de guerre du Reich sous l’inculpation d’espionnage au profit d’une puissance ennemie. Le Tribunal y apposa les tampons « secret » et « affaire concernant des détenus », ainsi que la mention « NN » (Nacht und Nebel-Nuit et Brouillard). Il n’y aura aucun jugement et les détenus furent remis à disposition du SD de Strasbourg le 10 septembre 1944, ce qui équivalait à une condamnation à mort.
Devant l’avance des Alliés sur le Rhin le 30 novembre 1944, Marguerite Premel fut extraite de sa cellule ainsi que 18 hommes et 7 autres femmes appartenant comme elle au réseau Alliance. Après un simulacre de libération, ils furent tous conduits en camion à la forêt de Hagenschiess, à quelques kilomètres de Pforzheim et abattus d’une balle dans la nuque par les agents de la Gestapo de Strasbourg, Julius Gehrum, chef de l’AST III, Reinhard Brunner, Howold, Buchner et Irion, puis jetés dans une fosse recouverte ensuite de terre et de branchages.
A la fin du mois de mai 1945, les soldats français exhumèrent les 26 corps de ce charnier. Des civils allemands réquisitionnés furent contraints de les placer dans des cercueils et toute la population de Pforzheim dut défiler devant les dépouilles au cours d’une émouvante cérémonie. Leurs corps furent rapatriés en France et Marguerite Premel repose aujourd’hui au cimetière Saint-Martin, à Brest.
Son acte de décès fut transcrit à Brest le 19 janvier 1959.
Elle obtint la mention "Mort pour la France" par décision du ministre des Anciens combattants et Victimes de guerre du 14 mars 1960 et la mention "Mort en déportation" par arrêté du 3 novembre 1997.
Son nom figure sur la stèle commémorative réseau Alliance à Pforzheim (Allemagne).

SOURCES : http://maitron-fusilles-40-44.univ-paris1.fr/-Auguste Gerhards Tribunal du 3e Reich, archives historiques de l’armée tchèque, à Prague, Le Cherche Midi, Paris 2014. — Mémorial de l’Alliance, 1948. — Mémorial GenWeb. — État civil.

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau