Louis Malbosc

 

Secteur « Asile »

Né le 11 octobre 1884 à Sète (Hérault), fusillé le 1er avril 1944 à Karlsruhe (Allemagne) ; enseignant ; résistant au réseau SR Alliance.

Louis Malbosc alias « V.51 » était le fils d’Antoine, employé aux chemins de fer, âgé de 36 ans et de Rose Marie Bouerat, âgée de 32 ans. Il était marié avec Élise, institutrice, dont il eut cinq enfants.
Il suivit les cours de l’école normale et fut nommé instituteur. Il fut blessé au cours de la Guerre mondiale et après celle-ci, il enseigna dans plusieurs villages du Biterrois, puis à Béziers (Hérault) aux écoles Voltaire, Arago et Mairan. Il enseignait à cette dernière lorsque la guerre fut déclarée. C’était un humaniste et un fervent républicain.
Comme beaucoup d’enseignants de l’époque, il était franc-maçon et vénérable de la loge de la "Réunion des Amis Choisis", au Grand Orient de France, bien implanté à Béziers. Cela lui valut d’être mis à la retraite d’office par le régime de Vichy en février 1941. Il devint alors correspondant du "Petit Méridional", quotidien héraultais d’obédience radicale.
Membre comme Alphonse Boyer de l’association des Familles nombreuses de Béziers, il y fit la connaissance de Raymond Rondeleux, gendre du général Raynal alias "Briard", qui appartenait au réseau Alliance et lui proposa d’entrer dans l’organisation.
Il accepta et devint agent de renseignements et de passages sur la région Méditerranée audit réseau, sur le sous-secteur Béziers-Sète avec le matricule "V 51" puis le pseudonyme "furet". En raison de son état de santé qui ne lui permettait pas de parcourir le terrain, il restait au siège du journal qui servait de boîte aux lettres et y collectait les courriers et informations apportées par les agents avec lesquels il travaillait. Il faisait donc suivre aux services secrets britanniques les renseignements concernant les mouvements de troupes allemandes et le trafic maritime ennemi. Il organisait également la fuite vers l’Espagne de résistants recherchés et de déserteurs allemands.
Il fut arrêté le 2 février 1943 par la gestapo à son domicile du quartier de la Fontneuve et incarcéré à la prison de Montpellier (Hérault) puis à la prison Saint-Pierre à Marseille (Bouches-du-Rhône) où il subit la torture. Il fut transféré ensuite à Fresnes (Seine, Val-de-Marne) en mars et déporté en mai vers l’Allemagne via le camp de Compiègne (Oise) sous la classification "NN" (Nacht und Nebel, Nuit et Brouillard) et incarcéré à la prison de Freiburg-im-Breisgau (Bade-Wurtemberg, Allemagne). Le 18 novembre 1943 le dossier d’accusation d’espionnage au profit d’une puissance ennemie fut transmis au Tribunal de guerre du Reich et Louis Malbosc fut jugé les 18, 20 et 21 décembre 1943, par le 3e Senat (chambre) présidé par le juge Karl Schmauser, ainsi que quatre autres coinculpés formant le groupe Schneider.
Le lendemain du procès il fut conduit à la prison de Bruchsal (Bade-Wurtemberg, Allemagne) et mis dans une cellule-caveau où il subit des conditions de détention inhumaines. Condamné à mort, le jugement fut confirmé le 20 janvier 1944 par l’amiral Max Bastian, président du Tribunal et à l’aube du 1er avril 1944 il fut extrait de sa cellule ainsi que 13 autres coinculpés pour être conduit au champ de tir de la Wehrmacht, dans la forêt du Hardtwald, à Karlsruhe (Bade-Wurtemberg, Allemagne) où il fut fusillé à 7h34 en compagnie d’Alphonse Boyer*. Les cadavres furent jetés dans une fosse commune, à l’extérieur de l’enceinte du cimetière central de Karlsruhe.
En mai 1945 ils furent découverts par l’armée française et inhumés avec les honneurs militaires le 30 juin 1945 dans le cimetière français. Le 3 juillet 1947, les corps furent à nouveau exhumés et retrouvèrent pour la plupart leur commune d’origine. Depuis le 1er avril 2014, une stèle rappelle à Karlsruhe leur sacrifice.
Il obtint la mention "Mort pour la France" et la mention "Mort en déportation" par arrêté du 9 août 1994.
Son nom figure sur les plaques commémoratives de la mairie de Béziers (Hérault) et sur le mémorial du Grand Orient de France, à Paris.
Une plaque honore la mémoire de Louis Malbosc à l’école Mairan où il enseigna pendant plus de vingt ans. Une rue de Béziers porte son nom depuis 1960.
Un tableau le représentant en captivité se trouve dans la salle portant son nom à la loge du Grand Orient, à Béziers (Hérault).

SOURCES : http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/-L’Arche de Noé, par Marie-Madeleine Fourcade, éd. Fayard, Paris 1968. — Auguste Gerhards "Tribunal de guerre du 3e Reich", Le Cherche Midi, Paris 2014. — "Livre Mémorial des Déportés de France" de la F.M.D. Tome 1. — Mémorial de l’Alliance, 1948. — Brochure "Karlsruhe Erinnert" éditée par la ville de Karlsruhe en 2015. — Sites Internet : « Dis, maman, c’était qui Louis Malbosc ? », par le lycée Henri IV de Béziers, mars 2011. — Le Panthéon des Biterrois célèbres. — Biographie sur Wikipédia. — Mémorial GenWeb. — État civil.

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