CHANLIAU Jean-Marie

 

Photo recherchée

 

 

Secteur « Forteresse »

Né le 7 décembre 1894 à Saint-Symphorien-de-Marmagne (Saône-et-Loire), fusillé le 23 mai 1944 à Ludwigsburg (Bade-Wurtemberg, Allemagne) ; exploitant agricole ; résistant du réseau SR Alliance.

Jean-Marie Chanliau alias « K.1410 » était le fils d’Alfred Jean Eugène, cultivateur, âgé de 31 ans et de Marie Bobin, âgée de 27 ans.
Il fut placé en internat avant de travailler dans l’exploitation agricole de son père. Il fut engagé volontaire pendant la Première Guerre mondiale et fut blessé et fait prisonnier. Il fit trois tentatives d’évasion. Libéré le 4 janvier 1919, il obtint une pension d’invalidité ainsi que la Croix de guerre. Il hérita du domaine familial en 1930 et dut gérer une grosse exploitation. En 1941, il devint responsable du centre de répartition de viande d’Autun. Il adhéra au Parti social français du colonel de La Rocque.
Admirateur du général Giraud, il entra au réseau Alliance comme agent de renseignements et de liaison sur la région Nord-est "Forteresse" secteur d’Autun, sous le nom de code "K1410". Sa ferme servit à l’hébergement d’opérateurs radio et de cache pour du matériel militaire dont des armes récupérées lors du repli de l’armée française en 1940 et dissimulées ensuite dans la forêt. Découvert, il fut arrêté le 30 septembre 1943. Ses deux fils Jean et Pierre qui travaillaient pour leur père venaient d’être eux-mêmes arrêtés le 22 septembre.
Jean-Marie Chanliau fut déporté à partir de Paris le 16 décembre 1943 à destination de Kehl et Freiburg-im-Breisgau. Il fut jugé les 21, 22 et 23 février 1944 par le 3e Senat ou chambre du Tribunal de guerre présidé par le juge Block, pour aide à une activité d’espionnage au profit d’une puissance ennemie et détention illégale d’armes et condamné à mort. Le jugement fut confirmé le 17 mars par l’amiral Max Bastian, président du Tribunal de guerre et le recours en grâce ayant été rejeté la décision fut prise le 19 avril de fusiller le condamné.
À l’aube du 23 mai 1944, 16 détenus dont Jean-Marie Chanliau furent réveillés plus tôt qu’à l’habitude et écoutèrent courageusement le jugement qui leur était lu en allemand et en français. Après avoir vu un prêtre et pour l’un d’eux, un pasteur protestant, ils burent un café avant d’être conduits en camion dans une clairière, à trois kilomètres de Ludwigsburg. Selon le Mémorial de l’Alliance, pendant qu’ils étaient liés aux poteaux d’exécution, ils firent preuve d’un extraordinaire sang-froid et s’interpellèrent en criant « À très bientôt au ciel » puis la salve retentit au moment de l’amen du Pater prononcé par le prêtre.
Leurs corps furent aussitôt placés dans des cercueils et inhumés dans la dignité au cimetière de Ludwigsburg.
Il obtint la mention "Mort en déportation" par arrêté du 29 septembre 2009.
Son nom figure sur le monument aux morts de Saint-Symphorien-de-Marmagne.

SOURCES : http://maitron-fusilles-40-44.univ-paris1.fr/-Auguste Gerhards "Tribunal du 3e Reich", archives historiques de l’armée tchèque, à Prague, Le Cherche Midi, Paris 2014. — "Livre Mémorial des Déportés de France" de la F.M.D. tome 1 .— Mémorial de l’Alliance, 1948. — Mémorial GenWeb. — État civil.

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau