DURAND Jean-Henri

 

Secteur « Hangar »

Né le 18 septembre 1900 à Domme (Dordogne), exécuté sommairement le 30 novembre 1944 à Gaggenau (Bade-Wurtemberg, Allemagne) ; marchand de meubles ; résistant du réseau SR Alliance.

Il était le fils de Pierre Durand et d’Anne Cantegrel, cultivateurs à Domme. Jean-Henri Durand alias « N.11 » exerçait la profession de marchand de meubles à Domme, Il fut mobilisé le 17 avril 1940 et affecté au 161ème dépôt d’infanterie.
Il entra dans la Résistance comme membre du réseau Alliance, région Sud-Ouest "Hangar", secteur de Bordeaux avec le matricule N° 11 et fit de son magasin la « boîte aux lettres » du chef de secteur. Ses adresses successives servirent de lieu d’émission vers l’Angleterre. Il fut arrêté en décembre 1943 à son domicile et interné au fort du Hâ à Bordeaux puis à la prison de Fresnes (Seine, Val-de-Marne) et déporté par le convoi du 27 janvier 1944 vers Buchenwald (matricule 44249) puis au camp de Gaggenau. (Bade-Wurtemberg, Allemagne).
Le 4 mai 1944 le dossier d’accusation d’espionnage au profit d’une puissance ennemie fut transmis par la Gestapo de Strasbourg au Tribunal de guerre du Reich qui lui donna la classification "NN" (Nacht und Nebel-Nuit et Brouillard). Le 10 septembre Jean Durand et les autres accusés furent remis sans jugement à disposition de la Gestapo de Strasbourg.
Devant l’avance alliée les allemands évacuèrent les camps et le 30 novembre au matin Jean Durand ainsi que ses compagnons d’infortune furent emmenés en camionnette pour une destination inconnue. Après la Libération, sur les indications d’un prêtre alsacien, l’abbé Hett, qui avait été leur camarade de détention, un charnier fut découvert dans la forêt d’Ottenau, près de Gaggenau. Jean Durand avait été fusillé à cet endroit avec ses 8 camarades du réseau. Son corps fut rapatrié en France et identifié à Strasbourg le 10 juillet 1945.
Il obtint la mention « Mort en déportation » par arrêté du 30 mars 1989 et fut déclaré Mort pour la France. Son nom figure sur le monument aux morts de Domme (Dordogne). Son nom figure également sur la plaque commémorative du réseau Alliance à l’entrée de la base sous-marine de Bordeaux (Gironde), avec une citation de Marie-Madeleine Fourcade concernant les membres bordelais du réseau : "Leur sacrifice a permis de renseigner le Commandement Allié sur les mouvements des navires militaires allemands, sous-marins et torpilleurs arrivant et partant de l’Arsenal de Bordeaux. Bientôt, on ne saura plus ce qu’ils ont fait, ni pourquoi ils l’ont fait, même si c’était nécessaire de le faire, voire on les plaindra d’être morts pour rien. Je voudrais qu’on ne les oubliât pas et que l’on comprît surtout quelle était la divine flamme qui les animait... Madame Marie-Madeleine Fourcade (Hérisson)."
Voir Gaggenau

SOURCES : http://maitron-fusilles-40-44.univ-paris1.fr/-Arch. Dép. Dordogne (État civil ; registre matricule) — Auguste Gerhards "Tribunal du 3e Reich", archives historiques de l’armée tchèque, à Prague, Le Cherche Midi, Paris 2014 — "Livre Mémorial des Déportés de France" de la F.M.D. tome 2.— Mémorial de l’Alliance, 1948.— Mémorial Genweb.

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