CHARLES Georges

 

Secteur « Stade »

Né le 3 septembre 1902 à Lille (Nord), fusillé le 16 janvier 1944 au fort de Bondues (Nord) ; électricien, propriétaire d’un commerce de radios ; résistant, membre du réseau Alliance.

Électricien, Georges Charles alias « Marsouin » ou « T.35 » était propriétaire d’un magasin de vente et de réparation de radios TSF à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). Il vivait à Neufchâtel-Hardelot (Pas-de-Calais), au 40 rue des Allées. Marié à Fernande Gaston, il était père de deux enfants.

La boutique TSF de Georges Charles.


Après avoir servi dans le Nord, puis s’être replié à Bordeaux et au Maroc, il fut démobilisé après l’armistice et rentra avec difficultés en zone occupée. Si l’on en croit J.-M. Fossier, il aurait été en lien depuis plusieurs années (avant même la guerre), avec les services de renseignement britanniques. Il aurait ainsi fait partie du réseau de renseignements F2.
En 1941, il fut mis en lien avec le réseau Alliance par le biais de Norbert Fillerin, ami de longue date et membre du réseau Pat O’Leary. Georges Charles rejoignit alors Alliance comme agent P2 à compter du mois de novembre et y prit le pseudonyme de « Marsouin ». Agent de liaison Nord-Sud, il dut se rendre à Nice avec sa famille, où il prit contact avec le chef du service Radio du réseau, Robert Philippe. Georges Charles fit plusieurs allers-retours entre les deux zones. À son domicile, il hébergea des aviateurs britanniques et les aida à se mettre en relation avec le réseau Pat O’Leary.

Quatre aviateurs britanniques cachés dans une ferme Fillerin à Renty (62) posant avec la pancarte les recherchant.


Chargé de se faire embaucher à l’électrification des forts du Mur de l’Atlantique, et ainsi probablement d’être en mesure d’en fournir les plans, il put prendre une série de clichés des plans.
Suite à une dénonciation, il fut arrêté par la Sipo-SD, le 4 décembre 1943 à Lille. Il fut trouvé porteur de photographies des plans de bâtiments militaires. Son frère Jacques, lui aussi résistant, échappa à une arrestation.
Incarcéré à Loos-lès-Lille, le 30 décembre, Georges Charles fut condamné à mort pour espionnage le 16 janvier 1944 par le tribunal militaire du 65e corps d’armée allemand qui siégeait pour ses toutes premières audiences, boulevard de la Liberté à Lille. Complétement secrète, cette juridiction relevait de « l’ange gardien des V1 », un service de contre-espionnage nazi, installé depuis décembre 1943 à Arras et dont l’unique mission était la protection des constructions spéciales pour les armes secrètes de Hitler, les V1 et V2. L’exécution au fort de Bondues ne fut connue qu’après la Libération.
Incarcéré à Loos-lès-Lille, Georges Charles fut condamné à mort le 16 ou 19 janvier 1942, selon les sources par le tribunal militaire allemand de la Feldkommandantur de Lille, et exécuté secrètement le jour même.
Le 5 octobre 1944, après la Libération, son corps fut exhumé, puis inhumé à Neufchâtel, où Georges Charles repose toujours. Au moment de l’exhumation, il fut trouvé porteur d’un carnet contenant ces mots : « J’aurais fait mon devoir de Français sans hésiter. Je prierais donc la personne qui trouvera le présent carnet de le faire parvenir à ma famille. Ma femme chérie et mes deux enfants adorés sauront, en tout cas, que mes dernières pensées ont été pour eux. »
Georges Charles reçut, à titre posthume, la Médaille militaire, la Croix de guerre avec palme, ainsi que la Médaille de la Résistance. Les services britanniques lui délivrèrent un certificat de reconnaissance, de même que le président américain Eisenhower. Son nom figure sur des plaques commémoratives et monuments aux morts de Neufchâtel et Boulogne-sur-Mer, ainsi que sur le monument du fort Lobau, à Bondues.
Par lettre du 10 mai 1946, sa veuve reçut, en signe de reconnaissance des gouvernements américain et britannique, la somme de 150 000 francs, accordée « en reconnaissance des services rendus à la cause Alliée [...] généreuse action qu’il a payé du sacrifice suprême de sa vie ».

Attestation d’Alliance

Attestation de MMF