Mazillier Eugène

 

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Secteur « Asile »

Né le 4 avril 1896 à Saint-Jean-le-Priche (Saône-et-Loire), aujourd’hui réuni à Macon, fusillé le 23 mai 1944 à Ludwigsburg (Bade-Wurtemberg, Allemagne) ; hôtelier ; résistant du réseau SR Alliance.

Eugène Mazillier alias « Buffle » ou « V.40 »était le fils de Philibert et de Mélanie Froment, cultivateurs. Il se maria le 22 septembre 1928 à Chalon-sur-Saône avec Marie Champion et le 22 avril 1935 en secondes noces à Senozan (Saône-et-Loire), avec Marcelle Jeanne Evrard. Il exerçait alors la profession d’inspecteur d’assurances.
Il résida à Saint-Martin-Belle-Roche (Saône-et-Loire) et exerça le métier de garçon de café.
Incorporé le 12 avril 1915 il fut affecté d’abord au 27ème Régiment d’Infanterie, puis au 10ème Régiment d’Infanterie. Il fut fait prisonnier à Maisons-en- Champagne (Marne) le 28 mars 1917. Il fut rapatrié le 6 janvier 1919.
Il fut cité à l’ordre de la 30ème Brigade le 25 août 1916 : « A montré au cours des opérations auxquelles le régiment a pris part un grand courage et un véritable mépris du danger en assurant sans hésitation, en terrain découvert, sous des tirs de barrage et des feux des mitrailleuses, son service de liaison ».
Il fut réformé définitif suite à des blessures reçues au cours de sa captivité.
Il fut expéditeur à la sous-préfecture de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire). Il s’installa avant 1939 à Vichy (Allier) où il géra l’Hôtel Britania au 147, avenue des États-Unis jusqu’en 1943.
Il fut impliqué dans une affaire de recel de denrées et d’essence et jugé par le tribunal correctionnel de Cusset le 17 avril 1941.
Il entra au réseau Alliance le 1er mai 1942 sur la région Centre "Asile" ou "Abri", secteur de Vichy-Nord comme agent de protection, de renseignements et de liaison, avec le pseudonyme "Buffle" et par la suite le nom de code "V40". Il était chargé de conduire et récupérer des agents.
Il fut arrêté à son domicile le 1er mai 1943 par la Gestapo, suite à l’infiltration du réseau local de Vichy par le SD et incarcéré à la prison de Vichy puis transféré à la prison de Fresnes (Seine, Val-de-Marne). L’acte d’accusation d’espionnage daté du 18 novembre 1943 concernant 33 inculpés dont Eugène Mazillier, fut transmis par le Tribunal du peuple au Tribunal de guerre du Reich, qui y apposa le tampon « secret » et la mention « NN » (Nacht und Nebel-Nuit et Brouillard). Il fut déporté à destination de l’Allemagne au départ du camp de Compiègne le 17 décembre 1943, emprisonné à Kehl puis à Fribourg-en-Brisgau (Bade-Wurtemberg) le 27 janvier 1944. Il fut jugé le 11 mars 1944 par le 3e Senat ou chambre du Tribunal de guerre, présidé par le juge Karl Schmauser, inculpé d’espionnage au profit d’une puissance ennemie et condamné à mort. Le jugement fut confirmé par l’amiral Max Bastian, président du Tribunal de guerre, le 17 mars 1944. La grâce fut refusée par le Führer Adolf Hitler le 19 avril 1944.
À l’aube du 23 mai 1944, 16 détenus dont Eugène Mazillier furent réveillés plus tôt qu’à l’habitude et écoutèrent courageusement le jugement lu en allemand et en français. Après avoir vu un prêtre et pour l’un d’eux, un pasteur protestant, ils burent un café avant d’être conduits en camion dans une clairière, à trois kilomètres de Ludwigsburg, au champ de tir de Poppenweiler.

 

 

L’endroit où a été fusillé Eugène Mazillier

 

Selon le "Mémorial de l’Alliance" pendant qu’ils étaient liés aux poteaux d’exécution ils firent preuve d’un extraordinaire sang-froid et s’interpellèrent en criant « À très bientôt au ciel » puis la salve retentit au moment de l’amen du Pater prononcé par le prêtre. Leurs corps furent aussitôt placés dans des cercueils et inhumés dans la dignité au cimetière juif de Ludwigsburg.
Son acte de décès fut dressé le 13 novembre 1946 et transcrit à Paris 7e arr. le 6 décembre.
Son corps fut rapatrié à Strasbourg le 2 juillet 1947 et inhumé au cimetière Nord de Strasbourg-Robertsau le 10 juillet 1947.Son corps repose aujourd’hui à la nécropole de Strasbourg-Cronenbourg.
Il fut homologué comme agent P2 des FFCI (Forces françaises combattantes de l’intérieur) chargé de mission de mission de 3e classe au grade de sous-lieutenant.
Il obtint le titre de déporté résistant le 5 février 1947, la mention "Mort pour la France" le 19 février 1958 et la mention "Mort en déportation" par arrêté du 9 février 1995.
Son nom figure sur le monument aux morts de Vichy (Allier).

SOURCES : maitron-fusilles-40-44.univ-paris1.fr/-Dossier DAVCC 21 P 480 941 communiqué par Delphine Leneveu.— Auguste Gerhards, Tribunal du 3e Reich, archives historiques de l’armée tchèque, à Prague, Le Cherche Midi, Paris 2014.— AFMD, Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l’Allier.— Mémorial de l’Alliance, 1948.— Mémorial GenWeb.— État civil.

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