BRIDOT Philippe

 

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Secteur « Hôpital »

Né le 3 décembre 1904 à Bagnolet (Seine-Saint-Denis) , fusillé sommairement le 23 juillet 1944 à Aulon (Creuse) ; médecin chirurgien ; résistant réseau Alliance, FFI.

Philippe Bridot alias « Vernon » ou « A.34 », né à Bagnolet, alors commune du département de la Seine, il était le fils d’Eugène Paul Etienne Bridot et de Zéphyrine Théodorine Bertheau. Après son baccalauréat, il entreprit des études de médecine, et sortit interne des hôpitaux de Paris, promotion 1930. Il renonça alors à son sursis d’incorporation et effectua son service militaire au Maroc, affecté d’abord à l’hôpital de Casablanca, puis en mars 1931 à l’hôpital d’Oujda comme médecin sous-lieutenant et enfin au groupe sanitaire de Bou-Douib. Libéré des obligations militaires en août 1931 (promu médecin lieutenant de réserve), il reprit à Paris ses études de médecine. Il fut diplômé de la Faculté de médecine de Paris en 1936, proclamé docteur pour sa thèse « Pathogénie et traitement médical de l’éléphantiasis ». Il se maria à Paris dans le 5ème arrondissement, le 16 juin 1936 avec Geneviève Georgette Calmettes. Ils eurent deux enfants, une fille et un garçon. Rappelé sous les drapeaux lors de la mobilisation générale contre l’Allemagne, il fut affecté le 5 septembre 1939 à l’Hôpital militaire de Thiaucourt (Meurthe-et-Moselle). Replié sur Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) le 12 juin 1940, il fut affecté à Ussel (Corrèze) en zone libre, mais démobilisé dès le 22 juillet 1940.
Installé à La Souterraine (Creuse), il y était propriétaire d’une clinique, médecin, chirurgien et obstétricien. Il exerçait également à l’hôpital public de Bourganeuf (Creuse) où il assistait pour la chirurgie le docteur Desplat. Il s’engagea dans la Résistance au sein du réseau SR Alliance, le 1 mars 1943. Il devint chef du sous-secteur de Bourganeuf, pour la région Centre, secteur Abri – Hôpital. Cette date et cette responsabilité sont vraisemblablement à mettre en relation avec l’arrestation le 26 février 1943 par la SIPO-SD des principaux agents creusois d’Alliance, dont le docteur Bonnet de Bourganeuf et Robert Dissoubray à Saint Sébastien (Creuse). Inscrit dans le réseau sous le matricule A34, chargé de mission de 1ère classe, sa profession et ses parcours professionnels entre La Souterraine et Bourganeuf lui permirent de rassembler un maximum de renseignements sur les forces d’occupation (en particulier sur la voie ferrée stratégique Paris – Toulouse qui passait par La Souterraine). Suspecté de soutien à la Résistance (il en soignait clandestinement les blessés), et dénoncé, il fut une première fois arrêté et incarcéré à Limoges (Haute-Vienne) interrogé par les services du deuxième bureau (renseignement) de la Milice de Limoges. Finalement relâché, il participa peut-être à la première transmission radio du secteur Hôpital qui eut lieu à La Souterraine le 31 mai 1944. Craignant une nouvelle arrestation, il partit sans doute le 1 juin 1944 pour le maquis. Il rejoignit dans le secteur de Bourganeuf, le PC du lieutenant-colonel « François » (Albert Fossey), chef départemental des maquis de l’Armée Secrète depuis décembre 1943 et devenu en mai 1944 chef départemental des FFI de la Creuse et du Cher. Philippe Bridot, sous le pseudonyme de « Vernon », organisa à sa demande un hôpital clandestin du maquis, dans une maison bourgeoise de Gioux (dite « château de Gioux) commune de Saint-Pierre-Bellevue (Creuse).
Le 17 juillet l’approche des éléments de la brigade Jesser, une formation militaire allemande, composée d’éléments de la Wehrmacht, des SS et de divers services de police, chargée depuis son arrivée en Creuse le 13 juillet, de la répression contre les forces de la Résistance, entraîna la dispersion des maquis sur ordre du lieutenant-colonel François. Le « château de Gioux » fut investi et trois blessés trouvés sur place emmenés à l’hôpital d’Aubusson. Le 23 juillet 1944, Philippe Bridot fut arrêté par des sentinelles allemandes à l’entrée du village d’Aulon (Creuse) en direction de Pontarion (Creuse) et aussitôt fusillé sommairement au bord de la route. L’attestation fournie en février 1945 par le lieutenant-colonel Fossey pour l’inscription de la mention mort pour la France (dossier DAVCC) indique : « Médecin capitaine, directeur du service de santé FFI ; tué par les Allemands le 23 juillet 1944 à Aulon (Creuse) au cours d’un déplacement qu’il effectuait pour soigner des blessés FFI ».
Il fut inhumé dans l’ancien cimetière communal de Bagnolet, dans la sépulture familiale de la famille Bridot. Reconnu Mort pour la France en août 1945, il fut fait capitaine médecin FFI à titre posthume à compter du 1 juin 1944 (date vraisemblable de son entrée au maquis). Il fut également décoré de la Légion d’Honneur, de la Croix de guerre et de la médaille de la France Libre. Une stèle lui est dédiée à Aulon au lieu de son décès, et une autre a été installée sur le site de son ancienne clinique à La Souterraine. Son nom figure sur le mémorial de la Résistance creusoise à Guéret.

SOURCES : http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/-Etat-civil — Dossier DAVCC Caen — Laurent Cardonnet, thèse pour le doctorat de médecine, Paris Descartes, 2010 Contribution à l’étude des étudiants de médecine et des médecins Morts pour la France pendant la seconde guerre mondiale — Mémorial de L’Alliance, 1951 — René Castille, Les réseaux de renseignements en CreuseJean Geneton, Une semaine en enfer : celle du 16 juillet 1944 Dossier de témoignages établi par l’Association pour la recherche et la sauvegarde de la vérité historique sur la Résistance en Creuse (ARSVHCR) — Notes Raoul Vaugelade ANACR La Souterraine — Mémorial genweb — Site Mémoire des Hommes.

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