COINDEAU André et Yvonne

 

Secteur « Chapelle »

Né le 6 janvier 1906 à Rochefort-sur-Mer (Charente-Inférieure, Charente-Maritime), exécuté à Kehl (Bade-Wurtemberg) le 23 novembre 1944 ; officier de marine et ingénieur ; résistant.

André Coindeau alias « Ursus », « S7 » était le fils d’Albert, chaudronnier et de Émilie Noémie Giraud, tailleuse pour hommes. Il se maria à Rochefort le 9 juin 1927 avec Yvonne Mandin (Coindeau), qui appartint comme lui au réseau Alliance.

Yvonne Coindeau


Ingénieur et contrôleur maritime à Rochefort-sur-Mer, il intégra la Résistance en avril 1942 comme chef et agent action du réseau Alliance sur le secteur de La Chapelle-Basse-Mer (Loire-Inférieure). Yvonne entreprit durant l’année 1934 une formation à l’école de coiffure de cette ville et très rapidement, installa son salon au rez-de-chaussée du domicile familial, route de St Joseph à Nantes. La vie s’écoula normalement jusqu’à l’occupation, entre travail et joies familiales. C’est donc tout naturellement qu’Yvonne intégra le réseau, comme agent de liaison, immatriculation "S71". « Très rapidement, André déploie une intense activité avec, notamment, la surveillance de la base sous-marine de Saint-Nazaire, raconte Guy Caraes,  qui étudie le réseau Alliance. Il recrute dans son milieu professionnel, trouve des boîtes à lettres, des agents chargés de repérer les nouvelles installations de fortification, les mouvements de troupes. Son activité clandestine grandissante et, surtout, les nombreuses émissions radio vers Londres l'obligent à rester discret. »

André, à la tête du réseau Alliance en Loire-Inférieure, en Maine-et-Loire et une bonne partie de la Vendée, « enverra par le fond de nombreux sous-marins allemands, grâce à ses indications transmises par radio au service secret MI-6 londonien ».

Yvonne et André s'installent dans une petite maison des bords de Loire, aux Fosses, à La Chapelle-Basse-Mer, « un endroit idéal pour ne pas être repéré par les Allemands ». André réussi à s'échapper de son domicile le 12 décembre 1943 lors d'une descente de la Gestapo où son épouse Yvonne, son beau-frère Maurice Mandin et deux radios sont arrêtés, capturés le lendemain au cours d'un parachutage à Mauves-sur-Loire dont le frère d'Yvonne, et Hugues Monclin, le radio.

Il fut déporté en Allemagne sous le statut "NN" ("Nacht und Nebel"-
"Nuit et Brouillard), et interné à la prison de Kehl (Bas-Rhin).
La veille de la libération de Strasbourg, il fut extrait de sa prison par la Gestapo et abattu probablement d’une balle dans la nuque avec 8 autres camarades, Louis Hélault, Oscar Hosch, Joffre Lemeunier, Maurice Mandin, Hugues Monclin, Louis Proton, Joseph Singer et Armand Troudet dans la nuit du 22 au 23 novembre 1944 sur la rive allemande, à Kehl (Bade-Wurtemberg). Leurs corps furent jetés dans le fleuve.

Yvonne subit les interrogatoires, la torture, comme tous ses camarades du réseau. Elle fut transférée le 8 mars 1944 vers la prison de Fresnes puis sous la classification "NN" ("Nacht und Nebel"-"Nuit et Brouillard"),à destination du camp de Schirmeck (Bas-Rhin). Elles seront ainsi 15 femmes enfermées dans un garage à camion, dans des conditions absolument sordides, les hommes étant quant à eux internés au block 10.
Il fut déclaré "Mort en déportation" par arrêté du 23 mai 1998.

Guy Caraes s'est rendu à La Chapelle-Basse-Mer et a retrouvé la maison des Coindeau. Surpris de ne pas voir de plaque citant le couple de résistants, ou de nom de rue. « Le silence s'est refermé sur l'histoire tragique des Coindeau. Or, on ne peut pas les oublier comme ça », proteste-t-il. Dans le bourg, le sujet, sensible, encore douloureux, n'est pas facile à aborder.

Christelle Braud, la maire de La Chapelle-Basse-Mer, se dit « d'accord sur le principe d'une plaque, mais à l'intérieur du cimetière. Il y a eu d'autres résistants dans la commune, on ne va pas mettre des plaques un peu partout ». Elle estime également que cette demande devrait émaner de la famille Coindeau. Contactée, l'arrière-petite-fille d'Yvonne et André avoue être « très touchée par la démarche de Guy Caraes ».


Son nom figure sur le monument aux morts et sur la stèle des déportés et fusillés de Rochefort-sur-Mer et sur le monument commémoratif du pont de l’Europe, à Strasbourg (Bas-Rhin), ainsi que sur la plaque réservée au Réseau SR Alliance du côté allemand, à Kehl.

Yvonne Coindeau fut déclarée "Morte en déportation" par arrêté du 19 septembre 2012.
Son nom figure sur le monument aux morts et sur la stèle des déportés et fusillés de Rochefort-sur-Mer (Charente-Maritime), ainsi que sur la plaque commémorative du réseau S.R. Alliance au camp de concentration du Struthof, à Natzwiller (Bas-Rhin).

 

SOURCES : http://maitron-fusilles-40-44.univ-paris1.fr- MémorialGenWeb. — Wikipédia "Réseau Alliance" et "camp de concentration de Natzweiler-Struthof ". — Association "Grains de mémoire". — Marie-Madeleine Fourcade in "L’Arche de ¨Noé", Ed. Fayard, Paris 1968. — Christian Bougeard in "Histoire de la Résistance en Bretagne. — Ouest France, du 15 août 2014. — Auguste Gerhards in "Tribunal du 3e Reich", Archives historiques de l’armée tchèque, à Prague. — État civil- http://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/la-memoire-dyvonne-et-andre-coindeau-2763688- http://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/complementter.php?id=5334581

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