LAZARD Alexandre

 

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Secteur « Villa »

Né le 26 juillet 1912 à Paris (XVIe arr.), fusillé le 23 mai 1944 à Ludwigsburg (Bade-Wurtemberg, Allemagne) ; ingénieur ; résistant du réseau SR Alliance.

Alexandre Lazard alias «Reille» était le fils de Alphonse Isaac, banquier, âgé de 32 ans et de Aline Françoise Lucie Coignet, âgée de 28 ans.
Ingénieur à Lyon, il entra dans la résistance comme agent de renseignements et de liaison du réseau Alliance sur le secteur de Lyon "Villa", avec le pseudonyme "Reille". Il effectuait des missions d’observation pour le compte de Madeleine Croset, une des responsables du secteur.
Il fut arrêté à Marseille au cours d’une mission, le 3 février 1943. L’acte d’accusation d’espionnage au profit d’une puissance ennemie en date du 18 novembre 1943 fut envoyé au Tribunal de guerre du Reich par l’avocat général du Tribunal du peuple. Alexandre Lazard fut transféré via le camp de Compiègne le 17 décembre 1943 à destination de l’Allemagne où il fut interné à la prison de Kehl puis à celle de Freiburg-im-Breisgau (Bade-Wurtemberg).
Il comparut le 18 février 1944 devant le 3e Senat du Tribunal de guerre, présidé par le juge Karl Schmauser et fut condamné à mort au vu de l’acte d‘accusation. Le jugement fut confirmé le 17 mars par l’amiral Max Bastian, président du Tribunal de guerre et la grâce refusée par Adolf Hitler le 19 avril.
À l’aube du 23 mai 1944, 16 détenus dont Alexandre Lazard furent réveillés plus tôt qu’à l’habitude et écoutèrent courageusement le jugement qui leur était lu en allemand et en français. Après avoir vu un prêtre et pour l’un d’eux, un pasteur protestant, ils burent un café avant d’être conduits en camion dans une clairière, à trois kilomètres de Ludwigsburg. Selon le Mémorial de l’Alliance pendant qu’ils étaient liés aux poteaux d’exécution ils firent preuve d’un extraordinaire sang-froid et s’interpellèrent en criant « À très bientôt au ciel » puis la salve retentit au moment de l’amen du Pater prononcé par le prêtre.
Leurs corps furent aussitôt placés dans des cercueils et inhumés dans la dignité au cimetière de Ludwigsburg.
Il obtint la mention "Mort en déportation" par arrêté du 9 décembre 1993.

SOURCES : http://maitron-fusilles-40-44.univ-paris1.fr/-Auguste Gerhards "Tribunal du 3e Reich", archives historiques de l’armée tchèque, à Prague, Le Cherche Midi, Paris 2014. — "Livre Mémorial des Déportés de France" de la F.M.D. tome 1. — Mémorial de l’Alliance, 1948. — Mémorial Genweb. — État civil.

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