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  • Ouvrage de référence à lire à la rentrée !!!

    L'association L'ALLIANCE vous conseille ce livre à paraître de Michel BALDENWECK, ancien professeur des universités.
    Il avait déjà soutenu sa thèse en 2012 sous la direction d’Olivier Feiertag en 2012 : "De la Résistance au rétablissement de la légalité républicaine en Normandie : histoire de la Seine-Inférieure (1943-1946) de l’occupation à la Libération".
    Il est en deux tomes.

    Pub

     

     

  • Aidez nos Soldats !

     

    L’association solidarité défense a décidé de soutenir le projet d’une quinzaine de blessés qui, pour la plupart, se sont reconstruits par le sport. Il s’agit pour eux de réaliser un calendrier A3 de 16 clichés artistiques d’athlètes militaires handisports.
    Les bénéfices de la vente de ce calendrier seront intégralement reversés à l’association solidarité défense et utilisés pour améliorer les conditions de vie et de confort des militaires durant leur séjour en hôpital militaire.


    L’Association L’ALLIANCE, soucieuse des problématiques liées à la résilience des individus victimes de troubles post-traumatiques (voir conférence de l'association du 2 décembre 2016), soutient cette généreuse initiative et met à la disposition des potentiels donateurs un bon de souscription ci dessous (cliquer et imprimer).

    Bon de souscription calendrier 2bon-de-souscription-calendrier-2.pdf (965.92 Ko)

    Contact si besoin de renseignement supplémentaire : 01.53.69.69.94

  • Une famille de résistants du réseau : la famille DELIRY

    L'Association a été reçue très amicalement par la famille DELIRY le 13 février 2017.

    Pierre DELIRY était le chef prétendant à la succession de Mengel dans le secteur AUTUN.

    Photo du RKG

    Pour sa fiche cliquer ICI
    La ville d'Autun était, pendant la guerre, une ville importante à la fois pour sa situation géographique, au bord de la ligne de démarcation, et pour ses usines de chiste bitumeux.
    La milice était de ce fait très nombreuse, ainsi que les résistants.
    Claude Deliry, l'un des 6 fils de Pierre, a écrit un livre (de famille) très intéressant sur son père que l'association possède maintenant. Qu'il en soit remercié.

    Son père avait structuré un petit réseau local d'information. Ayant rencontré le Duc de Mac-Mahon, responsable du réseau Alliance avec son chef Paul Mengel, il accepta de s'intégrer dans le réseau Alliance, mieux armé techniquement pour transmettre les informations récupérées.
    Pierre Deliry devint alors "TAMSAS" (race de serpent), code K 18.

    Pierre DELIRY a conduit des actions glorieuses multiples. L'une d'entre elles fut particulièrement remarquable : celle  
    des vedettes rapides allemandes.
    Le port de Châlon avait été aménagé par les Allemands pour recevoir une réserve de vedettes, basées sur un plan incliné ver le niveau de l'eau.
    L'IS fut prévenue. Voulant bombarder la ville ce qui aurait été catastrophique pour les habitants, le réseau Alliance proposa aux Anglais une idée géniale : détruire le barrage en aval de Châlon ce qui allait assécher la base marine et empêcher toute navigation vers le fleuve se déversant dans la mer..
    L'IS accepta cette proposition, chargeant le réseau Alliance de procéder à l'exécution du plan.
    Après une première tentative de deux faux saoulards jetant une valise dans la vanne (les dégâts furent insuffisants), la deuxième fut la bonne, à l'aide de deux véhicules bourrés d'explosifs. Les vedettes furent bloquées !
     
    Pierre DELIRY fut victime, avec ses amis résistants, de Paul Lien, agent de l'Abwer introduit dans le réseau Alliance.
    Après une fausse attaque sur un milicien qui lui permit d'obtenir les honneurs des résistants, Lien, introduit sur le secteur d'Autun, put donner aux Allemands tous les renseignements nécessaires à l'arrestation des membres du réseau.
    Quelque temps après, Lien participait à l'arrestation de Léon Faye. 
    Plus de 100 personnes furent ainsi arrêtées du fait de Paul Lien qui, le 16 septembre 1943, fêta sa victoire avec ses amis de l'Abwer au Lido à coup de champagne. Il reçut une récompense de deux millions de francs et la croix de fer avec épée.
    Quelques jours après, ce fut le tour le l'équipe du colonel Edouard Kauffmann à Volvic.

    Pierre DELIRY est mort fusillé en même temps que d'autres résistants, notamment Gabriel Romon, le 21 août 1944 à l'aurore, à Heilbronn.
    Avant d'être emmené vers le lieu d'exécution, il dit ces paroles qui résument l'état d'esprit de tous les résistants d'Alliance
    "Je n'ai pas haï l'Allemagne mais je voulais...faire quelque chose pour ma patrie. Je meurs pour la paix entre la France et l'Allemagne".

     

  • Voeux 2017 des Forces Combattantes à Boulogne Billancourt

    Voeux de Claude Leroy, Secrétaire de L'association, aux Elus de Boulogne-Billancourt

    B1

    B2

    Boulogne 3

    Boulogne 1

    Boulogne 2

  • Discours de M.le Maire de Vierville sur mer M. JM Oxeant 6 juin 2010

    http://vierville.free.fr/Ceremo6juin10/Img_0315L.jpg

    Mesdames et Messieurs,

     

                            En ce 6 juin 2010,

                    Soyez les bienvenus à Vierville sur mer.

     

    C’est à Bayeux le 14 juin 1944 que le Général de Gaulle, s’adressant aux Bayeusains libérés déclara : « Vous qui avez été sous la botte de l’ennemi et avez fait partie des groupes de résistance, vous savez ce qu’est la guerre ! »

     

                     Tous nos concitoyens avaient eu à subir les effets de cette guerre, plus encore dans les zones côtières devenues zones stratégiques fortement militarisées : la pesante présence des troupes d’occupation y imposera une réalité quotidienne brutale – interdictions multiples, réquisitions des biens, des hommes, corvées, brimades, répression. C’était le lot de tous.

     

                      Mais tous ne s’accommodèrent pas de cette situation : les collaborateurs qui devinrent bien vite pires que leurs maîtres et les hommes libres qui entrèrent en résistance pour les premiers d’entre eux dès 1940.

     

                       Plusieurs groupes créés dans notre région évolueront au fil des années, s’adaptant aux situations, aux femmes, aux hommes qui les composent.

     

                        Dans le magnifique travail réalisé en 1996 par les élèves des collèges Paul Verlaine et Alain Chartier avec Messieurs Le Gros, Marsault et Sénécal, j’ai lu les noms des réseaux Hector, Ceux De La Résistance, l’Organisation Civile et Militaire, Mithridate, le Comité de libération du Calvados, Alliance.

     

                        Le réseau Alliance créé en 1940 par le Commandant Georges LOUSTAUNAU LACAU verra ses dirigeants arrêtés les uns après les autres, déportés, massacrés.

     

                         En 1942, lorsque l’occupant envahit la zone libre, Alliance est réorganisé en trois zones. Celle de l’Ouest de la France est placée sous le commandement de Jean ROGER SANTENY, dit Dragon. Risquant à tout moment leur vie, les résistants ne furent pas nombreux dans notre région. Ceux du réseau Alliance choisirent des noms d’animaux pour dissimuler leur véritable identité comme Dragon, Civette, Pic, Emouchet, Bison Noir ou Chordeille…

     

                          Par dérision, les Allemands surnommèrent le réseau l’Arche de Noé. Ils avaient oublié que l’Arche portait la renaissance qui viendrait après les temps obscurs !!

     

                           Hommes, mais aussi femmes, décidés à tout faire pour contribuer à la libération de la Patrie, d’origines sociales différentes, les destins des Résistants s’entrecroisèrent dans l’accomplissement d’une multitude de tâches, un vrai travail de fourmi fait de patience, d’observation, de ruse et de silence !

     

                           Il  importait avant tout de recueillir et de transmettre un maximum d’informations à l’état major allié, mais aussi d’aider les aviateurs à rejoindre l’Angleterre ou les réfractaires à se soustraire au travail obligatoire, de préparer la libération de notre sol sans négliger son administration le moment venu par des civils français et non par des militaires alliés comme certains le désiraient.

     

                            Jean SAINTENY avait compris tout cela très tôt. Après l’armistice du 22 juin 1940, il voulut continuer la lutte contre l’oppression allemande. Arrêté par la Wermacht en septembre 1941, il sera relâché faute de preuve.

     

                             En 1942, le réseau Alliance se met au service des Alliés. Le Sipo-Sd, (Sicherheitspolizei), service de contrespionnage allemand, arrête Jean Sainteny le 16 mai 1943 ; il lui échappe 2 heures après. Il doit alors entrer dans la clandestinité. Le 7 juin 1944, arrêté à Paris, torturé par la Gestapo, hospitalisé, condamné à mort dans la nuit du 4 au 5 juillet 1944, il réussit  à s’évader avec l’aide d’un gardien pour finalement  prendre contact avec l’état major de Patton le 16 août 1944.

     

    Les membres du réseau Alliance arrêtés n’échappèrent pas tous à leurs tortionnaires : Robert Boulard et Désiré Lemière habitaient Vierville, l’un à Vacqueville, l’autre aux Fosses Taillis.

     

                Ces deux hommes aimaient, je crois, la vie. Ne dit-on pas que juchés sur le toit de leur maison, ils se donnaient la réplique d’un bout à l’autre de Vierville au clairon et à la trompette ? .

    Oui, ils aimaient la vie ! Leurs enfants se souviennent d’eux comme des pères aimants, et attentionnés. Désiré, menuisier avant guerre, continuait d’aider sa femme à tenir sa petite ferme. Il avait du rechercher une source de revenus de remplacement dans cette période d’occupation sans matières premières, sans commande pour nourrir leur 3 enfants. C’est ainsi qu’il devint facteur.

    Robert déjà facteur, avait lui aussi des journées bien remplies, ayant toujours à faire après le travail à la maison, au jardin, pour que les 4 enfants mangent à leur faim en ces temps de disette.

                Désiré et Robert passaient tous les deux du temps avec leurs enfants même si souvent, c’était pour partager le travail !

    Désiré n’hésitait pas alors à remettre une petite pièce à celle qui l’avait bon gré, malgré aidé.

    Lorsqu’il dut réparer le puits du jardin, Robert demanda aux gosses d’apposer l’empreinte de leurs mains sur le ciment frais qu’il venait de poser sur la margelle. Ces empreintes sont toujours là, témoins muets d’une complicité entre un père et ses enfants.

     

    Qu’est-ce qui décida ces pères de famille paisibles à entrer dans un mouvement de résistance organisé ?

    Je l’ignore et j’imagine qu’ils n’ont pas dû souvent parler de tout cela à leurs proches.

    Réaction classique contre un occupant ? Refus de la défaite ? Aider son pays à retrouver sa liberté ? Assurer un avenir de Paix et de liberté à leurs enfants ? Eux seuls l’ont su !

     

    Ces hommes de caractère, tous les deux facteurs parcouraient chaque jour les chemins de nos villages, observant en détail les activités des troupes d’occupation.

    Ils seront actifs dans la recherche et la transmission de renseignements jusqu’à ce matin du 05 mai 1944 où ils sont arrêtés par les hommes de main de la « bande à Hervé ». Ces auxiliaires Français du Sipo-Sd, escortent  leurs prisonniers à la prison  de Caen  où ils sont internés.

    Ils sont régulièrement extraits de leur geôle, pour être interrogés, sous la torture, rue des Jacobins.

     

                Les nouvelles sont rares, quelques courts messages parviennent à franchir les murs de la prison. Le temps semble bien long à leur épouse, à leurs enfants, si jeunes encore pour certains. Le plus jeune fils de Désiré a 3 ans, celui de Robert, 6 ans.

     

    Dans la matinée du 06 juin, le Sipo-Sd, comprenant que les alliés ont engagé sur nos plages les opérations de libération de l’Europe, décide d’éliminer les résistants emprisonnés à Caen. Ils ne doivent pas survivre à la défaite nazie, ils doivent payer le prix pour avoir contribué à la préparation des combats libérateurs.

    Des exécutions sommaires sont rapidement organisées ; 80 personnes environ seront abattues au cours de la journée dans les petites cours de la prison, puis enterrées sur les lieux même de leur martyr.

    Quelques jours plus tard, les corps sont exhumés, chargés dans des camions, transportés vers une destination restée toujours inconnue à ce jour.

    Peur d’être accusés de crime de Guerre, dernière vengeance ou habiles exécutants de la procédure « Nacht und Nebel » Nuit et Brouillard, la procédure qui prévoit et organise la disparition totale des ennemis du Reich, laissant à tout jamais les proches des victimes sans nouvelles ? Je ne le sais pas.

     

    La libération progressive de la campagne normande puis de Caen entretiennent l’espérance de voir Désiré et Robert libérés rentrer à la maison ; en septembre 1944, la nouvelle de leur disparition arrive aux familles.

    Quatre mois d’attente déjà ! et le cauchemar continue. S’ils sont morts, que l’on nous rende leurs corps !

     Une nouvelle attente commence, pour donner une sépulture décente à ces pauvres victimes de la barbarie,  une sépulture sur laquelle se recueillir ! En vain !

    Le poète espagnol Luis Cernuda a écrit dans cette période :

    « Les jours de la vie sont amers à qui, à force de souvenirs, ne vit qu’une très longue attente ».

     

    66 ans après, personne n’a encore été en mesure d’apporter une indication sur la disparition de Robert et Désiré et de tous leurs compagnons qui luttèrent pour le retour d’un monde meilleur.

    Leurs épouses forcent l’admiration pour leur courage si fort, et leur discrétion dans ces jours terribles, dans les années suivantes, conduisant leurs enfants vers l’âge adulte avec bien peu d’aide.

     

    Il est donc légitime que le nom de ces hommes garde une place à Vierville dans notre vie ordinaire et libre, pour que nous nous souvenions qui ils étaient, ce qu’ils ont fait pour notre pays.

    Quelle que soit la distance dans le temps de ces événements, nous disons ne pas vouloir oublier les souffrances que la folie des hommes a infligées à d’autres hommes.

    Ce serait trop injuste :

    -injuste pour tous les soldats alliés tombés au combat

    -injuste pour ces hommes de l’ombre assassinés sous la torture

    -injuste pour ces civils, enfants, femmes, hommes, tués au mortel hasard des bombardements.

     

    Et comment oublier la misère morale, affective, économique même parfois, que toutes ces disparitions ont engendré dans ces années noires !

    Combien de familles ont eu à traverser ces épreuves parce qu’un  des leurs avait fait le don de sa vie pour la Patrie ?

     

    Ces réponses, Mesdames, Messieurs, nous les connaissons ; elles guident ce matin nos pas vers ce lieu où nous rendons hommage à la mémoire de ces êtres humains disparus.

    Nous aimerions tant que toute cette énergie de la vie n’ait pas été vainement brûlée. Nos enfants vivent dans la paix.

    Aidons les à comprendre qu’eux aussi, un jour en seront les dépositaires pour les générations futures, qu’elle est fragile, que ce mot magnifique  a plus que jamais du sens dans notre pays de liberté.

     

                                          En baptisant ces rues, à Vierville, nous rendons hommage aux  hommes d’action, nous rendons également hommage à tous les membres du réseau Alliance, et plus particulièrement ceux du Bessin qui périrent sous la torture, déportés ou abattus à la prison de Caen le matin du 6 juin 1944, là où Robert BOULARD et Désiré LEMIERE disparurent à tout jamais, ainsi que leurs compagnon Albert ANNE, charron à Asnières, Georges THOMINE à Port en  bessin, et tant d’autres.

     

    Comme l’a si bien écrit Monsieur Jacques Vico, lui-même résistant et actuel grand témoin de l’Histoire, président de l’Union des combattants volontaires de la Résistance du Calvados et vice-président national de cette organisation :

     « La résistance, ce ne sont pas des histoires du passé, c’est à la fois éternel et universel. C’est un combat de tous les jours pour la liberté et la dignité de l’Homme .

     

                                                                                      Jean-Marie Oxéant

                                                                                      Maire de Vierville sur mer

  • Commémoration à Fort Mahon 14/06/2014

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    Imga 36921

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    Allocution du 28 avril 2012 à FORT-MAHON

    Par Richard Kauffmann

     

    Nous sommes tous réunis aujourd’hui pour nous souvenir de nos aînés résistants qui ont donné leur vie contre notre liberté, et plus particulièrement pour leurs activités qui ont permis la victoire qui nous est venue de Normandie.

    Mais pour atteindre cet objectif, nous savons maintenant qu’il y a eu beaucoup de peurs ressenties et de talents utilisés, beaucoup de travail et de tentatives infructueuses, beaucoup de risques pris et beaucoup de vies perdues.

    Car, oui, ce ne fut pas un débarquement, mais plusieurs débarquements, vrais et faux, pour parvenir à la victoire finale.

    Et FORT MAHON est l’image centrale de ces efforts qui ont eu lieu entre résistants et alliés.

    Je ne pourrai vous parler de tout. Mais je vais tenter de vous parler d’un aspect de l’histoire d’un réseau de résistants réunis sous le nom secret de réseau ALLIANCE, réseau national mais qui a exercé aussi sur le territoire où nous sommes aujourd’hui.

     

    Permettez- moi cependant et tout d’abord de remercier Monsieur Philippe BROUCKE, Président de la FNAME et organisateur de cette manifestation, ainsi que nos amis du Souvenir Français, de l’ANCAR et de l’UNC dont la présence honore le souvenir de nos héros de la dernière grande guerre.

    Le réseau ALLIANCE a vu tomber dans ses rangs, sur 3000 membres, 429 d’entre eux, martyrisés, fusillés, déportés et disparus, victimes de la machine d’extermination d’Hitler et de ses chiens.

    Chaque année, notre présidente Monique Miquel-Moncomble représentait ici notre association. Malheureusement, Monique nous a  quittés en aout dernier. Notre présidente avait fait partie du réseau Alliance et aurait pu vous en parler mieux que moi aujourd’hui.

    Par la force des choses je la remplace ici en tant que nouveau président, fils de Jean-Roger Kauffmann membre du réseau et petit-fils du Colonel Edouard Kauffmann, n° 3 du réseau et fusillé en novembre 1944 après 1 an de martyre en détention par la Gestapo.

    Je suis accompagné de plusieurs membres de talent dont Ms Michel Talon, Claude LEROY et notre porte drapeau Bernard ERZOUMLIAN.

     

    Réseau national d’informations de guerre transmises aux Alliés, l’Alliance a largement contribué dans le secteur Normandie à la réussite du débarquement des alliés puisque, notamment, des cartes d’Etat Major des défenses allemandes, les voies de chemin de fer,  l’implantation des usines et des points stratégiques militaires des Allemands  comme le détail de leurs forces avaient été transmis aux Anglais.

    L’un de ces résistants était Georges Lamarque et son équipe.

    Georges Lamarque, dit PETREL de son nom de guerre, était notamment responsable de l’implantation des postes radio dans son secteur. Il était en liaison directe avec mon grand-père le colonel Kauffmann, responsable  sur l’ensemble de la France d’organiser  des points radios et de fournir du matériel. Mais PETREL s’était aussi proposé lui-même, ayant l‘occasion de récupérer des informations secrètes dans le Pas de Calais, pour une mission très périlleuse et essentielle au sort de la guerre.

    C’est PETREL qui organisa et transmis des informations cruciales sur le lieu, et l’importance de la fabrication d’armes secrètes et des intentions de l’ennemi, je veux parler des V1 et des V2. Henry Frémendity, dit Balbuzard, jeune soldat juvénile de l’armée de l’air, apportait des informations récupérées auprès du chantier de construction d’Eperlecques. Jeannie Rousseau, dit Amniarix, traitait les informations et les vérifiait pour Petrel.  PETREL les envoyait au MI6, services secrets anglais qui eurent beaucoup de mal à croire, au départ, aux informations transmises.

    Le réseau ALLIANCE a participé à la mise en place de toutes les tentatives de débarquement dans le secteur jusqu’au jour J. ou D DAY, le 6 juin 44. Des informations avaient été communiquées pour la préparation des débarquements de DIEPPE , pour l’opération « FORTITUDE », pour l’opération Jubilée.

    Concrètement, des centaines d’agents situés de Dunkerque à Bayonne récupéraient des informations par tous moyens, informations orales ou écrites, des plans, des courriers allemands copiés ou volés, des dossiers classés top secrets. Ces informations étaient traitées par les supérieurs du Réseau, vérifiées, souvent écartées, puis transmises au MI6 avec quelques commentaires, soit par l’envoi de documents, soit le plus souvent par radio.

    Sur le secteur Normandie certains noms d’agents vous parleront peut-être : Louis GAHOU, surnommé MOZARD, opérateur radio, Albert MACHY, surnommé PIVOINE, agent de renseignement, qui est peut-être avec nous aujourd’hui, un des rares survivants du Réseau, Jacques MAZEREAU, surnommé LAMANTIN, agent de renseignement, qui avait participé aux conséquences désastreuses de l’opération TIGER, mais aussi André COLLARD, inspecteur de police surnommé CACTUS, chef du secteur du Calvados, arrêté en effectuant une opération marine le 24 avril 44, Jean TRUFFAUT, étudiant, surnommé TADORNE, agent de renseignements arrêté le 14 mars 44, Gilbert DAVOUST, plombier, surnommé MUGUET, agent de renseignements arrêté le 15 mars 44 et Charles DIEDERICHS, étudiant, agent de renseignements rattaché à Truffaut et arrêté le 23 avril 44. Ces 4 derniers agents ont été fusillés ou déportés et exterminés.

    Si une partie des membres du réseau ALLIANCE étaient des officiers de haut rang de l’Armée, notamment de l’Armée de l’Air, beaucoup de ces agents n’étaient pas des professionnels : ils étaient simples soldats, ouvriers, artisans, fonctionnaires de toutes administrations, et ils devaient jouer un rôle d’espion, dont le danger dépassait souvent leur propre imagination.

    Dans l’idée de les protéger des fauves de la Gestapo, ils furent cependant tous, en 1943, admis comme membres de l’armée française par le général GIRAUD, grâce à l’insistance opiniâtre du colonel Léon FAYE, n° 2 de la direction du réseau présidé par Marie-Madeleine Fourcade (dont nous devons avoir avec nous l’un des enfants le plus renommé, je veux parler du colonel MERIC).

    Or cette image française du Réseau a toujours intrigué les historiens qui confondent parfois le Réseau Alliance et les services secrets britanniques.

    Le SIS (Secret Intelligent Service) ou MI6, service secret des affaires extérieures au pays (alors que le MI5 s’occupait des affaires internes), était dirigé par Sir Stewart MENZIES et par Sir Claude Edward Marjoribanks Dansey, vice-directeur.

    Ce dernier, appelé Sir Claude, était en liaison directe avec Marie-Madeleine Fourcade dont l’un des rôles principaux était de conduire la communication avec les Alliés pour coordonner les actions communes ou complémentaires.

    Les relations entre le MI6 et le réseau ALLIANCE n’étaient pas toujours faciles. Parfois même, les oppositions étaient sensibles et l’indépendance du Réseau s’imposait aux tentatives dominatrices du MI6.

    Pourtant, le Commander Kenneth COHEN, adjoint de Sir Claude était très proche du réseau et facilitait souvent les rapports entre le MI6 et ALLIANCE.

    COHEN fut le premier lien entre les services secrets anglais et le réseau, lors d’un voyage en Espagne en 1941 de LOUSTAUNAU-LACAU, créateur du réseau de résistance, et ce fameux espion britannique.

    Depuis, la présidence du Réseau ayant été confiée à Marie-Madeleine Fourcade, c’est elle qui reprit les relations avec Cohen.

    Or c’est en février 1944 qu’eut lieu l’opération « RENOVATE », rebaptisée ensuite « JERICHO ».

    A l’origine de cette affaire, un déminage clandestin des plages et dunes avait eu  lieu sur la Picardie maritime fin 1943, en prévision d’un débarquement sur les plages, suite au débarquement désastreux de Dieppe qui n’avait pas été réalisé sur un terrain propice aux chars et autre matériel lourd. Des participants à cette action de déminage seraient encore en vie, et peut-être présents ici. Nous leur donnerons la parole s’ils le veulent bien.

    Mais des arrestations par la Gestapo en février 44 d’agents qui connaissaient cette opération ultra secrète effrayèrent les Anglais : il ne fallait pas que ces espions dévoilent les intentions de débarquement.

    Ces prisonniers avaient été provisoirement rassemblés dans la prison d’Amiens, dont des membres du réseau ALLIANCE, ainsi qu’un britannique, que nous pensons être Kenneth COHEN, le fameux interlocuteur du MI6 pour le Réseau Alliance.

    Détenant des secrets de très grande importance pour les Alliés, COHEN ne pouvait rester vivant entre les mains de la Gestapo.

    Il fut alors décidé de libérer les prisonniers de la prison d’Amiens, ou de les faire taire à jamais s’il n’était pas possible de faire autrement.

    L’action fut forte. Ce fut l’opération FORTITUDE, appelée aussi JERICHO : un raid de la R.A.F. malgré une tempête de neige fut organisé pour le 18 février avec 55 avions bombardiers et transporteurs et des avions de chasse pour les assister. Les pertes furent importantes, la DCA Allemande étant très forte dans ce secteur. 1 agent, du réseau Alliance croit-on savoir,  fut tué par les bombardements et les autres purent être libérés et transférés en Angleterre par bateau.

    Mais ce fut une leçon pour les Anglais qui ne croyaient plus en ce débarquement sur les plages de Picardie, faute du secret mal gardé.

    Les Alliés organisèrent alors l’opération Fortitude sud, en créant une fausse armée en face de la Picardie : puisque les Allemands avaient des soupçons sur un débarquement en Normandie, il fallait leur faire croire qu’ils avaient raison pendant que le vrai débarquement, plus au sud, allait s’organiser.

    Etait-ce bien Kenneth COHEN du MI6 qui avait été emprisonné à la prison d’Amiens ? Probablement. Certains documents l’attesteraient, bien que Marie-Madeleine dans son ouvrage L’ARCHE DE NOE n’en parla pas, racontant simplement une réunion à Londres le 29 février 1944 avec Sir Claude et Kenneth Cohen, au restaurant du Brown’s Hotel, soit 10 jours après le bombardement, discutant courtoisement sur des sujets de politique étrangère et de la stratégie individualiste du Réseau face aux forces françaises basées à Londres et aux actions du SOE (Special Operation Executive), service concurrent du MI6 qui était chargé de missions spéciales pour aider la Résistance.

    Mais cette absence de référence à Jericho n’est pas non plus étonnante : Cohen et Jericho restaient après guerre top secrets pour les Anglais et en parler, de la part du dirigeant du réseau ALLIANCE, même en 1968 date de la parution du livre, aurait été plus qu’une maladresse.

    Il ya un donc un lien secret ente l’histoire de la Normandie pendant cette époque, et le réseau Alliance.

    Je dirais même un lien de sang, car ces risques pris par le réseau lui ont coûté très cher.

    C’était le prix à payer de la liberté, le prix de la vie pour la France.

    N’oublions pas tous ces efforts, toutes ces vies offertes. Pensons à eux et remercions-les